Quand une marque de fast fashion devient la seule cible
Ces derniers jours, sur tous les canaux de communication, une nouvelle a fait l’effet d’une bombe : l’arrivée imminente de la marque chinoise Shein au BHV de Paris et dans quelques Galeries Lafayette en France.
Les réseaux sociaux se sont littéralement enflammés.
Le président de la Fédération du prêt-à-porter féminin, Yann Rivollan, a rapidement exprimé son mécontentement, et une pétition circule déjà pour tenter d’empêcher cet événement jugé néfaste.
Rappelons que la France a récemment adopté une loi contre la fast fashion, devenant ainsi le premier pays à s’opposer officiellement à ce modèle de consommation ultra-rapide, ultra-polluant et ultra-dangereux — pour la planète comme pour la santé, des acheteurs comme des fabricants.
Lire notre article sur la loi anti-fast fashion
Son application est prévue pour janvier 2026.
Cette loi introduit notamment :
- un malus écologique de 5 € par produit, destiné à soutenir les entreprises engagées,
- l’interdiction de publicité pour ces marques,
- et la fin du sponsoring par les influenceurs sur les réseaux sociaux.
Les problèmes liés à ces marques de super fast fashion sont nombreux :
- conditions de travail déplorables,
- matières premières toxiques,
- qualité médiocre,
- surproduction massive (des milliers de nouveaux produits chaque jour),
- impact environnemental catastrophique.
Des tonnes de vêtements parcourent le monde chaque jour en avion, tandis que les déchets issus de la production polluent nos eaux et nos sols.
Nous sommes littéralement en train d’empoisonner notre planète — pour des vêtements qui ne tiennent parfois que quelques lavages.
Et à cela s’ajoute une autre dérive : le plagiat. Des marques et des créateurs se font régulièrement voler leurs idées… et même leurs photos.
Soyons honnêtes… la fast fashion classique (Zara, H&M, etc.) reste elle aussi problématique.
Même si certaines conditions de travail y sont meilleures, la logique reste la même : produire vite, trop souvent avec des matières synthétiques non recyclables et polluantes, pour remplir nos placards de vêtements éphémères.
Ces produits coûtent peu à l’achat, mais chers à la planète — et au final, chers pour nous aussi.
Car à force de remplacer sans cesse, on dépense plus qu’en achetant une seule pièce de qualité, faite pour durer
Chez Equitalab, j’ai fait le choix de travailler avec des marques engagées, respectueuses de l’humain et de l’environnement.
Des marques qui privilégient les matières naturelles, les circuits courts et la qualité avant la quantité.
Oui, leurs prix peuvent sembler plus élevés, mais ils reflètent le vrai coût du travail bien fait : celui d’un vêtement confectionné dans de petits ateliers avec des matières de première qualité, pensé pour durer des années.
Par exemple, Oscalito et Natyoural sont fabriqués dans une usine familiale à Turin, le Maglificio Po depuis 1936.
Lorsque j’ai rencontré Dario Casalini, le coeur de ce magnifique projet, il m’a d’abord fait visiter l’atelier avant même de me présenter ses produits.
J’y ai vu de mes yeux la beauté d’un vêtement créé avec soin — un vêtement capable de traverser le temps et les générations.
Le but de cet article n’est pas de juger, mais de sensibiliser.
Il est temps d’apprendre à acheter un produit et non une marque.
Il y a quarante ans, on achetait une marque pour ce qu’elle représentait, mais les produits étaient faits pour durer.
Aujourd’hui, nous achetons pour remplir nos placards d’objets jetables.
La route est encore longue, mais la conscience collective évolue.
Petit à petit, une nouvelle manière de consommer s’installe : plus lente, plus respectueuse, plus durable.
Je suis convaincue qu’un jour, nous retrouverons des modèles de production équitables, permettant à chacun d’acheter sans se méfier de ce qui se cache derrière l’étiquette de ses vêtements.
Il suffit parfois de regarder un peu plus loin que la vitrine de la fast fashion en bas de chez nous pour découvrir des réalités plus respectueuses et durables.
Changer nos habitudes et redonner du sens à ce que nous portons.

